Cette année marque exactement le 50e anniversaire de la politique de tolérance néerlandaise introduite en 1976. À cette époque, les coffeeshops ont poussé dans tout le pays pour fleurir à près de 2 000 établissements dans les années 90. Depuis lors, le pays n'a connu que des gouvernements plutôt conservateurs, ramenant le nombre total de coffeeshops à moins de 600.
Il y a pourtant une lueur d'espoir : c'est actuellement le seul endroit de l'Union européenne où l'on peut acheter du cannabis récréatif en toute légalité. Dans cet article, nous examinons cette expérimentation de plus près.
Comment en est-on arrivé à une expérimentation ?
Après l'adoption par la Chambre des représentants sous le cabinet Rutte II de la loi sur la chaîne d'approvisionnement fermée des coffeeshops (Gesloten Coffeeshopketen), il a été annoncé le 10 octobre 2017 qu'un projet pilote serait mené pour réglementer l'approvisionnement en amont. Cette mesure figurait dans l'accord de coalition de 2017 du cabinet Rutte III.
Plutôt qu'une réglementation nationale complète de la porte arrière, le projet a pris la forme d'une expérimentation. Lors de la formation de la coalition, deux visions s'affrontaient : les sociaux-libéraux de D66 souhaitaient appliquer la loi, tandis que les chrétiens-démocrates auraient préféré fermer tous les coffeeshops immédiatement. Le parti libéral a proposé un compromis sous forme d'expérimentation scientifique. C'est ainsi que le projet est né.
Fin 2023, l'expérimentation néerlandaise a débuté à petite échelle, avec seulement 3 des 10 cultivateurs approvisionnant les coffeeshops des villes de Breda et Tilburg. Il a fallu attendre le 7 avril 2025 pour que le projet prenne véritablement son essor, le hash importé illégalement restant toléré en raison de pénuries jusqu'au 1er septembre. Enfin, c'est en mars 2026 que l'ensemble des cultivateurs ont pu approvisionner les dix municipalités participantes.
Quelles sont les dix municipalités participantes ?
Sur les 23 municipalités ayant manifesté leur intérêt, seules dix ont été sélectionnées pour le projet pilote, présentées ici par ordre alphabétique :
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Almere
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Arnhem
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Breda
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Groningue (Groningen)
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Heerlen
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Voorne aan Zee
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Maastricht
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Nimègue (Nijmegen)
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Tilburg
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Zaanstad
Il convient de noter qu'à Breda, Heerlen et Maastricht, l'accès aux coffeeshops est réservé aux résidents locaux en raison de politiques municipales. Cela laisse sept villes ouvertes aux visiteurs extérieurs.
Amsterdam est l'absente notable. Pourtant intéressée et proche de participer via le district d'Amsterdam-Oost, la ville a vu sa participation bloquée par un vote au Parlement. Les autres grandes villes du groupe G5 (Rotterdam, La Haye, Utrecht et Eindhoven) ne participent pas non plus.
Qui sont les cultivateurs légaux ?
Le 9 juin 2020, en pleine crise du COVID-19, les inscriptions pour le projet ont été ouvertes jusqu'au 28 juillet. L'intérêt a été massif, provenant du secteur horticole néerlandais et international. Le 24 juillet, le ministère de la Santé a annoncé 149 candidatures, rendant un tirage au sort inévitable.
Après plusieurs tours de sélection, le tirage du 3 décembre 2020 a désigné les dix cultivateurs officiels, présentés ici par ordre alphabétique :
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Aardachtig
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CanAdelaar
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Fyta Group
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Holigram
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Hollandse Hoogtes
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Legacy Brands
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Leli Holland (Village Farms)
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Linsboer B.V.
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Q-Farms
Comment l'expérimentation a-t-elle été accueillie ?
L'expérience a été globalement bien reçue, les seules critiques venant d'une minorité regrettant l'absence de haschisch marocain d'importation. C'est tout à fait logique, dans la mesure où il est impossible de produire la même résine au même tarif aux Pays-Bas, que ce soit en serre ou en intérieur.
Les catégories de produits
L'expérimentation a introduit de la colophane légale (rosin), des stylos à vapoter et des cartouches spécifiques, ainsi qu'une large variété de tamis à sec et de résine extraite à l'eau (waterhash). On y trouve également des produits comestibles, des cigarettes pré-rououlées (avec et sans tabac) et bien sûr des fleurs séchées.
Bien que le haschisch traditionnel du Maroc, d'Afghanistan et du Népal ait disparu des menus des établissements participants, il a été remplacé par du haschisch produit aux Pays-Bas sous différentes formes. Face au manque d'expérience des consommateurs avec ces concentrés modernes, la fondation VOC a lancé la campagne éducative consacrée à la découverte de cette nouvelle résine locale.
Les variétés disponibles
Si la plupart des cultivateurs optent pour des génétiques américaines ou canadiennes, des variétés classiques sont également cultivées. Les partenariats des producteurs en disent long sur les génétiques proposées : Linsboer travaille avec Grounded Genetics, tandis que Legacy Brands s'associe à Cookies, Green House Seeds et Serious Seeds. Hollandse Hoogtes collabore avec Karma Genetics et Amsterdam Genetics, et Aardachtig avec le Super Sativa Seed Club et Dutch Passion.
En résumé, Aardachtig est le producteur incontournable pour le cannabis biologique, tandis que CanAdelaar propose du cannabis de serre plus économique, les autres misant sur de grandes installations hydroponiques.
Certaines des variétés proposées dans le cadre du projet peuvent également être cultivées par vos soins à la maison si vous ne pouvez pas vous rendre aux Pays-Bas. Retrouvez par exemple nos versions classiques ou autofleurissantes de la Super Silver Haze, de la Diesel, de la Lemon Haze, de la White Widow (ou sa version autofleurissante), de la Northern Lights (ou sa version autofleurissante), de l'Amnesia Haze (ou sa version autofleurissante), de la Cheese (ou sa version autofleurissante) ainsi que la Power Plant.
Et lorsque votre récolte sera terminée, vous pourrez même fabriquer votre propre résine !




















